Volcans

Après quelques jours Yogyakarta nous avons pris le train jusqu’à Probolinggo. On a voyagé en classe économique pour pouvoir échanger avec les locaux. Pas de chance ! Les gens sont plutôt tranquilles et pas bavards. Seules les familles qui partageaient une même banquette faisaient un peu de bruit. On est loin des trains russes et indiens.

Pour se rendre au volcan Bromo, on a le choix de dormir à Ceremo Lawang le petit village aux pieds du volcan ou à la ville de Probolinggo qui se trouve à 1h15 du volcan. Nous avons préféré rester à Probolinggo où il n’y a rien de particulier à voir ou à faire, mais comme souvent, c’est dans ces lieux qu’on fait des rencontres inoubliables. A Probolinggo nous avons eu l’occasion de rencontrer deux javanais aux vues bien différentes. D’abord avec Kholid au bureau d’information touristique avec qui on a passé près d’une heure à échanger sur les traditions à Java. C’est avec beaucoup de générosité et de fierté qu’il nous a parlé de son mariage, de la naissance de son fils, etc. Puis, il y a eu ces nombreuses conversations avec Agus, notre hôte au guest house, un homme aux idées libérales qui avoue ne pas être un « très bon » musulman.

Le mont Bromo

Nous avons décidé de ne pas nous réveiller à 4h du matin pour aller voir le lever du soleil au Bromo car les nuages gâchent le spectacle pendant la saison de pluies.  Notre chauffeur, nous a donc laissé en compagnie de nos quatre nouveaux amis britanniques (avec qui on a partagé les frais d’un grand SUV) à Ceremo Lawang vers 9h30. Aussitôt, nous nous sommes engagés dans un petit sentier et en moins de cinq minutes on a atteint le fond d’un ancien cratère éteint. C’est plat, le paysage de cette mer de sable est lunaire par endroits. Le vent soulève le sable volcanique qui fouette nos visages. Après une marche de 4 kilomètres nous arrivons aux pieds du cratère actif. On suit les sillons creusés par la pluie et le vent, puis on monte les 200 quelques marches. En fin, nous voilà à plus de 2300m d’altitude au bord du cratère du Bromo. Le vrombissement du volcan est impressionnant. Le vent ne souffle pas dans notre direction, mais on sent très bien le souffre qui s’échappe du volcan.

Un sentier non-sécurisé fait le tour du cratère. De chaque côté des 800 mètres du sentier la pente est raide. On a intérêt à ne pas glisser vers le fond du cratère qui se trouve à 200m de profondeur…

VIDÉO : Cratère du volcan Mont Bromo

Notre coup de cœur, le fantastique volcan Kawah Ljen

Cette fois c’est vraiment de nuit qu’on quitte notre guest house à Banyuwangi. Le minibus vient nous chercher à 1h du matin. Si on veut voir les flammes bleues, il faut être au fond du cratère lorsqu’il fait encore nuit.

Notre guide, Mr. Mul, un ancien mineur du volcan, nous remet une lampe de poche et un masque que l’on devra porter une fois au fond du cratère pour nous protéger des vapeurs toxiques. La guérite ouvre à 3h. On suit un sentier sur près de trois kilomètres ; ça monte. C’est dans l’obscurité qu’on atteint les abords du cratère. Nous avons eu de la chance car deux jours auparavant, l’activité volcanique était trop intense et y descendre était interdit. On descend lentement sur un sentier rocailleux, ça glisse par moment. On est content d’avoir un guide.

Puis tout d’un coup, les voilà, elles sont là, les flammes bleues. Elles dansent dans l’obscurité, elles disparaissent de temps à autre, cachées par les nuages de gaz qui s’échappent du volcan. C’est magnifique, un spectacle mémorable. Une flamme s’élève ici et là, on est fasciné, on en redemande.

VIDEO : Flammes bleues

VIDÉO : Lave au Kawah Ljen, Indonésie, île de Java

Le long de la paroi on aperçoit des écoulements de la lave. C’est du souffre presque à l’état solide et encore chaud. Mr. Mul en cueillera un morceau qu’il offrira à Marie-Josée. À notre tour on s’approche de la paroi. On prend quelques photos de la lave puis on doit remonter rapidement. Le volcan venait de cracher un immense nuage de gaz. On respirait difficilement malgré notre masque à gaz. Les yeux nous piquaient. Une fois le nuage dispersé, nous sommes redescendus. Le plus, déconcertant dans tout ça c’est de voir notre guide (qui n’a pas de masque à gaz) se contenter d’un simple mouchoir humide et de continuer comme si rien n’était.

C’est presque que comme par magie que la lumière du jour nous a dévoilé peu à peu le contour du lac au fond du cratère. C’est le lac le plus acide au monde ! Sa couleur turquoise est splendide. Mr Mul nous dit « no good, miners no like» en nous montrant des énormes cercles formés par les bulles à la surface du lac. Bientôt, on verra se former des trainées jaunes-souffre. Comme quoi, l’activité volcanique était vraiment plus intense qu’à la normale !

On se répète, mais c’est une expérience hors de l’ordinaire qu’on referait n’importe quand. Fabuleux, à ne pas manquer.

Cratère du Kawah Ljen

Ce cratère est une mine de souffre. Les mineurs récoltent le souffre qui est sous forme de roches de cristaux jaune ou orange. Ils empilent 80 kilos (certains d`avantage) de souffre dans deux paniers de bambou qu’ils montent sur leurs épaules ! Ils montent parfois avec une cigarette à la bouche ! Ces hommes sont des vrais athlètes qui feraient rougir les haltérophiles de compétition ! Andres, un espagnol, et Mauricio ont tenté de le soulever les paniers… Mr. Mul a dû réduire la charge à 50 kilos pour qu’ils puissent y arriver…

Mr Mul nous disait que les mineurs travaillent en général 25 ans dans la mine, pas davantage car le travail est trop dur. Un mineur gagne 1000 roupies par kilo. En moyenne, ils arrivent à extraire 160 kilos par jour ce qui leur fait un revenu quotidien de 16 $ CDN.

Après l’île de Java nous sommes allés nous reposer quelques jours dans la très touristique île de Bali.

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