Russie

Russie suite et fin

Après les villes de la Volga, on avait prévu passer quelques jours dans l’anneau d’or. Dans cette région, au nord-ouest de Moscou, on trouve plusieurs citées médiévales. Nous avons choisi de visiter les villes princières de Souzdal (fondée en 1024), Kostroma (1213), Yaroslavl (1010) et de Rostov La Grande (852). Bon nombre de résidences des anciens tsars, des monastères et églises orthodoxes peuvent être visités. C’est là qu’on réalise les liens étroits qui existaient/existent entre l’église orthodoxe et le pouvoir politique russe.

En route, on ne se lasse pas de voir ces coupoles à l’horizon. Les coupoles dorées sont des cathédrales, les bleues sont de églises dédiées à la vierge et les vertes dédiées au sauveur. Celles d’autres couleurs à qui sont elles dédiées ? Si on tient à le savoir il n’y a qu’une solution, rentrer dans l’église ! La forme des coupoles est un signe distinctif celles en forme de tulipes (je préfère à en forme d’oignon) sont apparues par la suite. Les premières coupoles, qui ressemblent à des casques de guerriers, étaient calquées sur celle d’Istanbul mais peu adaptées à la rigueur des hivers russes. Chose certaine, à force de visiter des églises orthodoxes, on ne peut que mieux comprendre cette confession.

Le paysage de l’anneau d’or est, hormis les églises, identique à celui du Québec. C’est relativement plat et la végétation est la même. En chemin nous avons d’abord vu une, puis deux, et bientôt des dizaines d’automobiles arrêtées sur les bords des routes. On se demandait ce qui pouvait expliquer la chose. La réponse n’a pas tardé… Ces russes arrondissent les fins de mois en vendant les champignons ou faire une sortie familiale. C’est une tradition bien implanté que de partir aux champignons.
Moscou

Nous avons passé une semaine à Moscou. Le premier contact n’a pas été facile, de la construction partout. Des artères jusqu’à 8 voies… dans chaque sens! Le royaume de l’automobile: on se penserait dans les années 70 avant la crise du pétrole! Ne soyons pas que mauvaise langue, les travaux de construction qu’on a vu visaient à réduire ces grands boulevards… de 16 à 12 voies.

Bien entendu, nous avons visité le Kremlin, la cathédrale Saint-Basile, le mausolée de Lénine ( après quelques marches dans la pénombre apparaît soudainement le corp « embaumé » de Lénine, cela étonne), le GUM (prononce « gouma », immense centre commercial) qui longe la place rouge. A cet effet, le rouge n’est pas le rouge bolchévique mais veut simplement dire beau, belle. D’ailleurs, beaucoup de villes ont leur place rouge, c’est-à-dire leur belle place ».

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En bon touristes nous avons aussi visité le métro moscovite. C’est vrai que plusieurs stations sont très belles. Elles rappellent allègrement la période soviétique: statues et fresques ou mosaïques à la gloire du prolétariat sans oublier un buste ou statue de Lénine. Dans le métro de Moscou, il y a un large couloir au centre. De chaque côté de celui-ci, il y a les quais suivis des voies où circulent les voitures de métro. Les noms des stations sont écrites en caractère cyrillique… C’est un défi que de s’y retrouver. D’ailleurs, il serait question d’ajouter les noms en anglais pour le  »Mundial » de 2018.
Lorsqu’on entre dans une station de métro à Moscou, ne cherchez pas la direction voulue, cherchez simplement à vous rendre à la ligne souhaitée. Une fois rendu au quai vous choisissez le côté du quai qui va dans la bonne direction.

Itinéraire Russie

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9 au 19 aout 2016

Après Saint-Pétersbourg nous avons visité le long de la Volga les villes de Kazan,  Samara et Volgograd. Cette escapade hors des grandes villes nous a donné l’opportunité de voir une autre Russie et d’entrevoir la richesse et diversité de ce pays.

Kazan

La République du Tatarstan est de religion musulmane et possède sa propre langue. Celle-ci est toujours enseignée et l’affichage dans les endroits publics est bilingue. Aujourd’hui la population est moitié tatar, moitié russe. Dans les tous petits villages cette dualité se voit à travers les lieux de culte. Les églises orthodoxes côtoient les minarets des mosquées. C’est sympathique à voir. L’appel à la prière nous fait oublier la Russie. Le temps de celle-ci, on se pense à Istanbul, Tunis, ou Marrakech.

Des trois jours passés dans sa capitale Kazan, ville millénaire, on se souviendra de son kremlin déclaré patrimoine de l’UNESCO. On garde l’impression d’une ville moderne, prospère avec un grand nombre d’universités (Lénine y a d’ailleurs étudié) et où se pratique un islam ouvert.

On gardera aussi le souvenir de gens d’une extrême gentillesse. Dans les petits événements qui font la richesse du voyage, on se remémorera la fois où le serveur d’un petit boui-boui (situé dans un quartier non touristique) a couru derrière nous. Non pas parce que nous n’avions pas acquitté l’addition mais parce que nous avions laissé du pourboire ! Malgré la barrière linguistique le propriétaire m’a fait comprendre par ses gestes qu’il était simplement honoré de nous avoir servi.

Samara

La production de moteurs et de fusées a fait en sorte que Samara soit interdite aux étrangers jusqu’en 1991. Lénine y a vécu et Staline y a déplacé son gouvernement et les ambassades pendant la deuxième guerre mondiale. Staline a également fait construire un bunker au cas où Moscou tomberait aux mains des nazis.

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Les 30 voir les 35 degrés Celsius, les bateaux de croisières nationales, les maisons en bois et les plages de sable bondées de gens sur la rive de la Volga donnaient à Samara des airs de ville balnéaire. Malheureusement, on retient aussi la pauvreté visible et les maisons délabrées de son centre-ville historique.

Le jour de notre visite du bunker – le dernier de notre séjour – ils avaient annulé les visites régulières pour que UN (allez savoir un qui… mais un privilégié de toute évidence) puisse faire visiter le bunker à un petit groupe d’amis. Ne prenant pas un niet pour un non… et après un bon 10 minutes de persévérance « persuasive », on nous a « invité » à se joindre au petit groupe d’amis. On doit dire qu’une fois admis dans le groupe, nous nous sommes vraiment sentis pleinement intégrés. Nous avons bénéficié de privilèges, notamment de celui passer par-dessus les cordons…  d’où la photo assis au bureau prévu pour Staline dans la salle de commandement.

La visite de la maison de Lénine a peu d’intérêt. La seule chose du temps où il y vivait c’est le bâtiment ! Les objets et meubles sont de l’époque mais n’ont pas appartenu à sa famille. Nous avons eu la chance d’avoir une guide qui parlait que le russe mais qui nous a offert une performance théâtrale digne d’une championne de la ligue nationale d’improvisation… Au final, par son jeu on a tout compris.

Volgograd

C’est agréable de se promener à Volgograd. Les rues sont bordées, comme à  Montréal, de grands arbres. Lors de nos balades hors des quartiers touristiques on a vu une vie de quartier animée.  Contrairement à Samara, les bâtiments sont entretenus.

Cette ville portait le nom de Stalingrad. Le mouvement de déstalinisation qui a suivi la mort de Staline a eu raison du nom en 1961. La ville a été détruite à plus de 90% durant la deuxième guerre mondiale. Du mois août 1942 à la fin de janvier 1943 s’y déroula la bataille de Stalingrad, l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité.  Près de 500 000 soldats russes et plus de 250 000 soldats allemands y ont laissé la vie.

Le mémorial situé sur la colline Kourgane Mamaïev est gigantesque et sobre à la fois. Sa statue de la mère Patrie mesure 85 mètres de hauteur et son épée 27 mètres! Les russes semblent lui accorder une grande importance.

À preuve, cette demande en mariage faite au pied de la statue directement sous nos yeux.

Elle a dit oui

Ou encore cet homme dans la vingtaine venu remplir une douille de balle avec de la terre de la colline… et sans compter les nombreux bouquets et fleurs déposés par les gens de tous les âges aux pieds des divers monuments du site.

En complément à la description de Mauricio, je vais tenter de partager ce que j’y ai ressenti. Je ne suis pas fan des mémoriaux, mais celui-là m’a impressionné. 

J’ai beaucoup aimé ce lieu car tout en étant grand et impressionnant, on y dénote beaucoup d’humilité. 

 Les sculptures qui bordent les allées sont un réel hommage au sacrifice des combattants. Tous y sont représentés, hommes, femmes, tatars, cosaques, civiles et militaires etc. On y voit les plus faibles (blessés, …) protégés ou secourus par un plus fort(e). On sent dans la composition, la détermination et le courage devant l’adversité. J’ai trouvé cette enfilade de sculpture émouvante. C’est une ode au peuple et non à la gloire des vainqueurs.

Tout au sommet, derrière la statue, il y a un cimetière et un long mur de marbre noir couvert de noms. Ce lieu résume bien la tragédie de cette bataille. (M-J)

(Ici, il y a un décalage dans les dates. Ce n’est pas une erreur. Trop de chose à raconter et ça se produira encore !)


29 aôut 2016 – Moscou

Festival international de musiques militaires Tour Spasskaïa (Tour du Sauveur), sur la place Rouge de Moscou.

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20 août 2016 – Le transsibérien

Le voyage dans le transsibérien est une expérience culturelle en soit. La vie de tous et chacun s’adapte à ces longs trajets. Dès leur arrivée les passagers changent de vêtements. Le mot d’ordre c’est le confort.  Pour l’esthétique on repassera. Plusieurs y vont de leurs pyjamas, d’autres de survêtements amples et certains  exhibent carrément leurs bedaines… de bière. Au diable les inhibitions!

Les trajets en transsibérien sont souvent longs. Nous en avons fait deux, l’un de 22h30 et l’autre de 17h30. La distance parcourue explique en partie la durée mais, dans les faits, les arrêts fréquents comptent pour beaucoup. Ces arrêts rythment le voyage et on les accepte facilement, surtout lorsqu’on comprend qu’ils ont tous leur raison d’être. Certains, pour laisser passer des trains (c’est préférable…) d’autres, pour l’entretien des wagons, ou simplement pour permettre aux passagers de faire ou refaire leurs emplettes.

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Après avoir trouvé le bon quai et avoir marché avec nos 20 et 30 kg sur le dos on arrive à notre wagon. Là,  la chef de voiture (c’est presque exclusivement des femmes) contrôle nos documents. Avant le départ du train, elle nous remet notre literie et s’assure de notre confort. Durant le voyage,  elle passera à plusieurs reprises dans les compartiments. La visite qui étonne le plus est celle où on la voit arriver revêtue d’un grand tablier, gants de caoutchouc aux mains,  vadrouille et seau d’eau pour laver le compartiment….  Évidemment,  elle le fait lors de l’arrêt dédié à l’entretien.

Lors des arrêts  pour nos emplettes, les quais deviennent des marchés publics. Les agriculteurs et les marchands du coin viennent y écouler pommes,  bananes,  pruneaux, tomates, bonbons, jouets, fleurs, etc. Oups, j’allais oublier il y a aussi le poisson séché et c’est bien populaire car l’offre est grande… Si on ne fait pas ses courses, on  profite volontiers de ces arrêts pour prendre une petite marche question de se dégourdir un peu.

Dans le wagon il y a des allées et venues régulières. Les enfants y jouent. Les adultes profitent de l’eau chaude (disponible en permanence au bout de wagons)  pour préparer leurs cafés,  thés ou des soupes déshydratées (miam miam). Parfois,  on entend la musique du voisin ou le films que fait jouer une famille ici et là. L’heure du dodo venue, le silence s’installe comme par magie.

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Le bar, c’est avec Ivan, mon ami tatar, que j’en ai fait l’expérience. Nous avons bu 3 ou 4 bières – pas plus, juré – mais après tout, la bière est moins chère que le café.

Santé! MF

Chroniques flash de Marie-Josée

Dimanche 14 aôut 2016

Samara, au Sud-Est de Moscou, le long de la Volga.
Ce qu’on aime le plus à Samara ? L’air climatisé ! On longe les murs à la recherche d’un peu d’ombre.

Outre cela, c’est une ville bien différente de Saint-Petersburg, ne serait-ce que pour l’architecture des maisons traditionnelles. Elles sont en bois avec des enjolivures aux fenêtres, aux portes et aux toits. Parfois avec des couleurs joyeuses. Toutefois, une grande partie de ces maisons ont besoin de rénovations et beaucoup beaucoup d’amour. Elles sont croches et sur le point de s’effondrer, mais elles sont encore habités.image

Notre russe n’est pas très bon, on reconnaît tous les deux l’alphabet, on peut lire, mais on ne comprend pas nécessairement la signification. La langue est un handicap  car on a beaucoup d’interrogations, mais peu de gens maîtrisent suffisamment l’anglais pour nous informer.
On a téléchargé une application qui traduit du français au russe, ce qui aide à se faire comprendre. On peut également « scanner » les textes russes et la traduction s’affiche. Ce n’est pas infaillible mais on peut ainsi savoir si on est au bon musée, lire des directives et surtout, ce que l’on va manger ! Fort utile.
L’industrie du mariage et du remorquage se portent très bien ici. Peu importe le jour, l’heure où le lieu, on tombe toujours sur des mariés. Parfois jusqu’à 5 au même endroit en même temps.
Nous soupçonnons l’industrie du remorquage d’être très lucratif également. Depuis qu’on est dans la région de la Volga, à tout moment on voit des autos se faire soulever et déposer sur des camions, et hop ! elles sont parties. Au début c’était intriguant. Maintenant c’est un fait divers.image


Lundi 8  aôut 2016

Voilà une semaine que nous avons quitté Montréal pour St-Petersbourg. C’est notre premier contact avec la Russie et les russes. Nous étions attendus à l’aéroport par Ivan, Natasha et Julie. On ne pouvait espérer mieux.

Nous sommes arrivés à notre hôtel après une heure de route à la pluie battante. L’hôtel est un ancien appartement communautaire rénové et converti en hôtel. On peut imaginer facilement ce que devait être, et ce qu’est, la vie à plusieurs familles dans de tels appartements. De chaque côté du couloir se trouve une série de chambres de dimension identique (8′ x ’12 environ). Il va s’en dire qu’il vaut mieux être côté fenêtre… Au bout du couloir on y trouve les douches et jadis on y trouvait la cuisine.

Si vous voulez convertir un des 80 000 appartements de ce genre qui restent à Saint-Pétersbourg, il faudra convaincre tous les propriétaires de chaque pièce de vendre … et en particulier le mal commode de l’étage comme nous disait Maria, notre guide du walking tour.

imageQue dire de St-Pétersbourg, sinon qu’elle est franchement européenne. Du temps des Tsars, aucun édifice ne pouvait dépasser la hauteur de l’Ermitage. Beau règlement d’urbanisme, non ?
Peu importe, cela donne des rues et avenues avec de très belles perspectives.

Le centre est d’une propreté exceptionnelle, les façades des édifices sont superbes. Un soir, en métro, nous nous sommes rendus dans un quartier non touristique. Là, les façades étaient, comment dire…. , un peu plus fanées et les rues un peu moins entretenues. Les édifices donnent sur des cours intérieures où l’on y trouve des jardins communautaires, des parcs d’enfants, des terrains de jeux, des stationnements etc.

On a remarqué qu’à bien des endroits on peut rarement acheter un billet pour visiter l’ensemble du lieu. Il faut donc acheter « section par section » ce qui permet d’agrémenter votre visite de files ici et là. En 6 jours, nous avons visité les principales attractions de la ville, l’Ermitage, les Cathédrales, la forteresse de Pierre et Paul, etc. Nous nous sommes rendus par bateau au Château Peterhof (le Versailles du nord). Une fois sur place nous avons constaté que ce château et ses annexes avaient été presque totalement détruits durant la 2e guerre mondiale puis refaits à l’identique. Vu la foule et la nouvelle « longue » file à affronter, nous nous sommes contenté de visiter ses jardins.

Nous voilà maintenant dans le transsibérien en route vers Kazan. Nous partageons notre compartiment avec une famille de tatars (peuple de la région de Kazan) qui termine ses vacances. Nous échangeons comme on peut avec Ivan, Lilia et leur fils Timur. En moins de trois heures nous avons arrêté déjà deux fois. On commence à comprendre pourquoi le trajet nous prendra plus de 22 heures. C’est bien ce qu’on voulait, du vrai. ☺️
Parlant de vrai, nous avons eu droit, sur le train, au repas dit « standard ». Ce descriptif ne pouvait pas être mieux choisi.

Le trajet se déroule agréablement, les voyageurs sont respectueux et calmes. Les paysages et la végétation sont, pour le moment du moins, bien similaires à ceux du Québec.

Do skorogo!

  1. Église catholique Notre-Seigneur-sur-le-sang-verse
  2. Chateau Peterhof, Pierre Le Grand