De retour sur la terre ferme on a pris la route en direction de Blue Mountains National Park près de Sydney. Pour ces 18 heures de route, nous avons suivi les conseils d’un couple d’australiens et longé la Murray River. C’est le plus long fleuve d’Australie mais il se meurt peu à peu. Pour éviter son ensablement il y a des dragueurs, en opération continue à son embouchure, depuis 2002. La surexploitation agricole et les faibles pluies en seraient la cause. Le débit du fleuve est si faible, qu’on peut se croire par moments au bord d’un lac !
Cette région est le garde-manger de l’Australie et on n’a pas de difficulté à le croire. Les champs défilent sous nos yeux sur des centaines de kilomètres. Les cultures maraichères, les élevages de moutons et bétail se succèdent. En prévision de l’hiver on voit des empilages de ballots de foin. Il y a même des vergers et des vignobles.
Police ! Police ! on a une voleuse de raisins secs… Curieuse comme elle est, Marie-Jo n’a pas résisté à la tentation de toucher aux grappes de raisins qui séchaient sur un pied de vigne (le séchage sur vigne est l’une des trois techniques employées pour obtenir des raisins secs). À son simple toucher, une première grappe lui tomba dans les mains… curieuse comme elle est … elle ne peut s’empêcher de toucher à une deuxième grappe qui – surprise – lui tomba aussi dans les mains. Comme il était hors de question de les laisser se perdre au sol, nous nous sommes solidairement condamnés à les savourer un à un jusqu’au tout dernier raisin sec ! Franchement, ils étaient délicieux, jamais nous n’en avions mangé d’aussi bons.
Vinfera, sur la Murray River
Tout au long de la route nous avons croisé de jolies petites villes. Presque toutes avaient une station de train avec des grands silos à grain et certaines, des enclos à bétail. Curieusement, plusieurs villes ont un air de Far West américain, stationnement en diagonale, devanture de commerce ornementé avec les cotés et l’arrière des édifices en planche ou en briques nues.
Sans transition particulière nous nous sommes retrouvés dans une région semi-aride. Voilà des palmiers, des plans d’eau à secs et des arbres morts au milieu d’un étang au sol craqué par la sécheresse. Le temps d’un instant et nous nous retrouvons en plein désert du Namib en Namibie à la Dead Vlei où l’on peut voir les arbres pétrifiés (voir notre chronique Namibie pour comparer).
Nous avons fait un arrêt à Canberra, la capitale de l’Australie. Que dire, si non que c’est une ville, tranquille, très tranquille, super tranquille. À moins de vouloir visiter le parlement et ses musées, une halte de quelques heures est plus que suffisante…
Blue Mountains
Ce qu’on a constaté en Australie est la difficulté de trouver de l’information claire et pratique sur les parcs nationaux. Il y a beaucoup d’information générale accessible en ligne mais elle est mal organisée. C’est souvent une fois sur place que l’on a les réponses à nos interrogations. Quelques fois, c’est même en photographiant les panneaux d’affichage à l’entrée des parcs qu’on a trouvé les informations qu’on cherchait.
Le Parc National Blue Mountains n’a pas fait exception à la règle. C’est une fois sur place que l’on a compris qu’il s’agit d’une multitude de parcs et de petites villes qui constituent les Blue Mountains. On est loin de l’immersion totale dans la nature telle qu’on l’imaginait.
On se promène d’une section de parc à l’autre en traversant des secteurs urbains. Par chance, une fois qu’on entre dans les sentiers, on quitte le brouhaha et on peut s’imprégner de la beauté sauvage des parcs.

Falaises vertigineuses, chutes d’eau, canyons aux parois rougeâtres qui contraste avec le vert intense de la végétation sont autant de paysages qu’on ne se lasse pas d’admirer.
Ces montagnes portent ce nom car l’eau en suspension dans l’air donne un aspect bleuté à la végétation.
Un des lieux le plus visité est le belvédère des Trois sœurs (Three Sisters) à Katoomba. Ce sont trois rochers de grès qui, par l’érosion (vent et pluie), se sont détachés de la montagne. C’est magnifique à voir, et nous avons eu en prime un double arc-en-ciel au-dessus de ceux-ci.

Pour notre avant dernière nuit en camping, nous avons trouvé un camping gratuit en pleine forêt près de Blackheath. Enfin on pouvait faire un feu de camp ! Car, à part notre tout premier soir de camping, il nous avait été impossible de faire (interdit partout) des feux camp. Nous voilà à peine installés, que l’orage se met de la partie. On se réfugie dans le campervan… Lorsque la pluie cesse quelques heures plus tard, Marie-Josée qui tient à tout prix à avoir un feu, sort les bûches, les allumettes et Mauricio !! Elle a eu son feu. On a même renouvelé la chose le lendemain matin. « Happy wife, happy life » dira Mauricio.
Road Trip en image