Comme on disait dans la chronique précédente, nous avons pris congé des temples d’Angkor pour aller visiter, en compagnie de Cathy et de Michel, un village sur pilotis. Ce village se trouve, tantôt aux abords du lac Tonlé Sap, tantôt sur le lac Tonlé Sap. Vous saurez pourquoi un peu plus bas… suspense…
Le Tonlé Sap est un immense lac situé au centre du Cambodge. Son courant s’inverse deux fois par année. Pendant la période sèche (de novembre à mai) les eaux s’écoulent du lac vers le Mékong. Puis, le courant s’inverse durant la période des pluies. Le courant va alors du Mékong vers le lac ! En passant, la crue des eaux est davantage le résultat de la fonte des neiges dans l’Himalaya que des pluies à la Mousson à proprement dit. Grâce au lac, le débit du Mékong se régule et empêche les inondations en aval.
Lorsque le lac est à son plus bas, sa profondeur n’est que de 1 mètre mais elle passe à 9 mètres lorsque le lac atteint son maximum. Ce n’est pas tout, sa superficie passe de 2 700 km carrés (presque 3 fois celle du Lac Saint-Jean) à 16 000 km carrés (presque celle du lac Ontario) ! Le volume d’eau est multiplié par 70 ! Vous ne serez donc pas étonnés si on vous dit qu’il y a de nombreux villages sur pilotis.

Le village Kâmpong Khleang
Les villages proches de Siamp Riep sont très touristiques mais par chance le village Kâmpong Khleang a gardé son authenticité. Il est peu visité car il se trouve à 50 km de Siem Riep. Le dépaysement est total dès qu’on quitte la route principale pour emprunter une route secondaire en terre battue. Cette route sera partiellement inondée et inopérante à la mousson. Les pirogues et bateaux prendront la relève. On n’aperçoit pas encore l’eau, mais la route est bordée de maisons sur pilotis qui forment une enfilade de petites bourgades. Tout nous interpelle : pourquoi ceci, jusqu’où va l’eau, comment font les gens pour supporter toute cette poussière, que font-ils de telle ou telle chose, etc. Mais surtout, on a de la difficulté à imaginer, presque à croire, que ce qu’on voit sera complètement submergé dans quelques mois et que rien ne ressemblera à ce que l’on voit.
En route vers le village de Kâmpong Khleang, la route était bordée de maisons sur pilotis.
Village sur pilotis de Kâmpong Khleang
Nous étions les premiers voyageurs de la journée à arriver au village. Quel bonheur ! On a eu la chance de se promener dans le village sans que le quotidien ne soit encore perturbé par quelques rares autobus de touristes. Le livreur de jarres faisait sa tournée, le magasin ambulant aussi. Des femmes réparaient les filets de pêche, d’autres triaient les crevettes selon la taille avant de les mettre à sécher.
Les « bye » des enfants en guise de bonjour fusaient de toute part. Leurs sourires radieux sont de vrais rayons de soleil.
Après avoir parcouru le village, nous avons pris une barque pour nous rendre au lac. Il y avait une grande activité le long du canal qui nous y menait. De la pêche et beaucoup d’agriculture sur l’eau et aussi sur la terre ferme.

Les jardins flottants et la pêche le long du canal
Là encore, on a du mal à se dire que tout ce qu’on voit sera sous l’eau dans quelques mois. Ces champs d’un vert incroyable, qui sont inondés une partie de l’année, sont des terres très fertiles. Lorsque l’eau se retire les sédiments du lac s’y déposent et l’enrichisse.
Agriculture
Une fois arrivés au lac nous avons vu un petit village flottant. Il est habité par des familles de pêcheurs. Il y a quelques commerces où accostent les pirogues et deux écoles flottantes, mais ce qui frappe le plus c’est l’immensité du lac. L’horizon semble sans fin.
Les écoles sur le lac
Le commerce sur le lac
Les villages, leurs maisons flottantes et la vie au quotidien
Les villageois ont pour la plupart une deuxième maison ou de la famille en terrain sec où ils déménagent durant la saison des pluies.