La région est reconnue pour son poivre exceptionnel. Celui-ci a le mérite d’avoir une appellation (IPG : Indication géographique protégée) reconnue par l’union européenne. Cette appellation est méritée. On vous en parlera un peu plus loin. En plus du poivre, on trouve dans la région, des marais salants. Ils comblent à eux seuls la quasi-totalité des besoins en sel de tout le pays.
Les marais salants
Nous avons loué une moto pour aller explorer les alentours. À peine sortis de la ville de Kâmpôt, nous nous sommes engagés sur des petits sentiers qui sillonnent les marais salants.
Nous avons pu nous arrêter pour aller à la rencontre des paysans qui ramassaient le sel. Quels sourires, quelle générosité. Ils nous ont permis d’approcher et observer les bassins de sel tout en continuant leur travail. Dans certaines parcelles le sel devait être ramassé.
C’est un dur labeur. À la vue de ces paniers remplis de sel et imbibés d’eau on devinait facilement le poids qu’ils transportaient sur leurs épaules. Si vous passez par-là, arrêtez-vous au nouveau centre d’interprétation du sel. C’est tout petit mais on y explique le procédé et les différentes sortes de sels produits dans la région. En près de quinze minutes vous saurez tout sur le sel.
Le poivre de Kâmpôt
La production du poivre de Kâmpôt commence à peine à renaitre de ses cendres. Les Khmers Rouges avaient détruit toutes les plantations qui appartenaient à des européens pour les convertir en rizières. Grâce à d’anciens cultivateurs, la production a repris dans les années 2000. Aujourd’hui, on peut dire que cette culture est bien vivante.
La production du poivre de Kâmpôt est strictement contrôlée. Le travail est minutieux. Chaque plant de poivre peut produire 1,5 kilos par récolte et il n’y a qu’une seule récolte par année. En comparaison, les poivres « Monsanto » donneraient deux récoltes de quatre kilos chacune par année ! Si vous voulez en savoir davantage, vous pouvez consulter le petit topo sur le poivre que Marie-Josée a préparé pour la classe de sa sœur Isabelle.
Nous avons eu le plaisir de visiter deux plantations de poivre. « La Plantation » située à Kâmpôt et « Sothy’ Pepper Farms » située à Kep. Lors de ces visites on explique en détail toutes les étapes requises pour obtenir un poivre de qualité ; de la préparation de la terre jusqu’à la récolte et au séchage. On peut visiter les plantations en compagnie d’un guide. Les informations reçues étaient complémentaires. Des deux plantations c’est tout de même la plantation Sothy’s que nous avons préféré, elle a un côté familial bien charmant.
Dans chacune des plantations nous avons eu droit à une dégustation les divers poivres produits dans la propriété. Pour les affamés, rassurez-vous, il y a un restaurent sur place. On y sert des mets cuisinés avec du poivre vert frais. Quel délice ! Quelle explosion de saveurs lorsqu’on croque une des baies de poivre frais. Ce poivre est vraiment la découverte culinaire de notre voyage. Dommage, qu’il ne tienne pas plus de deux jours après être cueilli. Après, il perd sa saveur. Mauricio est rendu « dépendant » du poivre frais. Au restaurant, il en fait ajouter à ses mets si ce n’est pas prévu dans la recette.
Kep
Kep est une station balnéaire à quelques kilomètres de Kâmpôt. C’est très paisible et reposant.
La chaleur de mi-journée dicte les activités et nous force à trouver de l’ombre. La plage n’est pas grande ni paradisiaque, mais elle est bien sympathique avec tous ses cambodgiens qui viennent se prélasser sous les hamacs, jouer aux cartes entre amis et se baigner en famille. On a bien aimé les voir s’amuser sur la plage et finir par se jeter à l’eau. Pas de maillot ? Pas de soucis, ils se baignent habillés. Le plaisir avant tout !
Kep est réputée pour son crabe bleu, mais on y trouve toute une variété de fruits de mers frais et succulents. On en trouve au marché et au menu de tous les restaurants et bouis-bouis. Le soir, des terrasses des restaurants du marché aux crabes, on aperçoit au loin une multitude de lumières scintillantes. Ce sont les bateaux de pêcheurs. Il y a des pêcheurs toute la journée dans la baie mais ils sont encore plus nombreux la nuit venue et ça se répète soir après soir. De temps en temps, juste devant les terrasses, des pêcheurs marchent dans l’eau avec filet et lampe frontale à la recherche de petits crustacés attirés par le faisceau lumineux.
Au tour de Kep
On a profité de la moto pour explorer la campagne environnante. On a croisé des villages où on pouvait voir des affiches faisant la promotion de l’école pour inciter les enfants à étudier plutôt que de travailler dans les marais salants. Saisissant comme publicité.
Lors de cette balade en moto nous nous sommes rendu au bord de la mer où les pêcheurs vendaient sur la grève leurs prises de la journée. On a vu une dame acheter près de 38 kilos de calamars. À quel prix ? Aucune idée, la transaction de faisait en khmer. Elle est repartie sur une moto avec ses deux gros paniers attachés de chaque côté.
En Asie le transport de marchandises en moto nous laisse souvent interloqués. On n’en croit pas nos yeux. C’est le cas de ces motos qu’on croisaient lors d’une des balades en motos. À force de voir défiler des énormes cargaisons – avec un passager au-dessus des caisses et paniers – nous nous sommes décidé à aller à la rencontre de trois dames qui prenaient une pause le long de la route. Avec trois petits mots – Mango, Viet Nam, Border – on a compris qu’elles allaient vendre leurs produits à des importateurs vietnamiens. Avant de les quitter elles nous ont offert quatre mangues vertes que Mauricio c’est aussitôt approprié. Par la suite, nous avons eu la confirmation de notre déduction. Ce jour-là c’était des mangues, mais d’autres jours ils transportent : melons, ananas, légumes et fruits de toutes sortes.
Au parc National de Kep il y a un sentier de 8 kilomètres qui fait le tour de la montagne. Cette balade dans la jungle est agréable et facile. Tout au long du chemin il y a des indications sur la flore et la faune, des points de vue et des aires de repos.
La dernière section de la boucle termine dans une zone plus urbaine. Elle reste toutefois intéressante pour les vestiges de maisons qu’on peut y observer.
Kep était un lieu de villégiature pour l’élite cambodgienne et les riches propriétaires européens. Lorsque les Khmers Rouges ont pris le pouvoir ils ont détruit toutes ces grandes demeures. Après la période Khmer Rouges, une rumeur suggérait que de l’argent ou de l’or étaient cachés dans ces maisons. La population a donc détruit ce qui restait de ces demeures, à la recherche d’un trésor inexistant. Certaines maisons, construites dans la montagne avec une vue imprenable sur la mer, laissent entrevoir une architecture moderne, luxueuse et contrastante avec les demeures traditionnelles.
De Kep on peut prendre une excursion en bateau (30 minutes) pour Rabbit Island. Il n’y a pas de lapins sur cette île (du moins on n’en a pas vu), il y a des hamacs, des bungalows et une jolie plage. On pensait bien explorer l’île en empruntant le sentier qui la traverse, mais le hamac et la douceur du moment nous ont collé sur place toute la journée. Que d’efforts !
Voleurs de tuk-tuk
Tout au long de notre séjour à Kep nous avons croisé François et Hélène. Qui sont-ils ? De sympathiques voleurs, malgré eux, de tuk-tuk. L’histoire est plutôt rigolote car François et Hélène qui logeaient au même guest house que nous à Kâmpôt, partaient pour Kep à la même heure que nous. Ils attendaient qu’on vienne les chercher.
De notre côté, nous avions négocié avec Seth le prix d’un tuk-tuk pour nous rendre de Kâmpôt à Kep. Seth nous a envoyé un texto disant que ce serait son père, Palla, qui viendrait nous chercher. Comme on arrive dans le hall de l’hôtel, Mauricio voit un tuk-tuk qui embarque deux québécois et dit « je crois qu’on nous a volé notre tuk-tuk ».
En fait, Palla qui ne parle pas un mot d’anglais a demandé à François et Hélène s’ils allaient à Kep. Quand ils ont voulu montrer leur billet, Palla leur a demandé leurs noms et a indiqué (par geste) qu’il n’avait pas besoin du billet. Et voilà le tuk-tuk parti.
Quelques minutes plus tard un minibus venait chercher plusieurs passagers de notre guest house direction Kep. Il manque deux personnes. On demande si c’est nous…. Non, nous, on a un tuk-tuk qui doit nous prendre d’une minute à l’autre, il est même en retard. On téléphone à Seth pour lui demander si son père arrive bientôt et lui d’être tout étonné car son père vient de lui confirmer qu’il a les clients dans le tuk-tuk ! C’est rendu à destination que Palla s’est rendu compte de sa méprise lorsqu’il a demandé à ses passagers de régler la course. Pas question de payer deux fois, preuve à l’appui… ils ont deux billets de minibus payés.
De notre côté, on s’est finalement rendu à Kep, avec Seth.
Plus tard dans la journée, comme on se promenait sur la plage, on a rencontré nos voleurs, qu’on a évidemment interpellé ! On s’est raconté mutuellement nos aventures de la journée occasionnées par cette méprise et on a mis tous les morceaux de l’histoire ensemble. On en a tous bien ri et de fil en aiguille on a terminé l’après-midi avec une bière sur une terrasse. Kep est petit et c’est avec beaucoup de plaisir qu’on les a recroisés tout au long de notre séjour.