Kalawa est une petite station de montagne développée par les anglais. Elle est située au centre du pays. Du temps de la colonie, les anglais fuyaient la chaleur des grandes villes et venaient se réfugier dans la fraîcheur de la montagne. Aujourd’hui les backpackers sont nombreux à Kalaw. C’est le point de départ de treks qui vont jusqu’au lac Inle, situé à un peu plus de soixante kilomètres. Les nombreuses agences qui organisent ces treks se trouvent aux alentours du marché de Kalaw. On ne peut pas les manquer !
Pour notre part, nous avons demandé à l’agence Sam’s Family de nous organiser un trek le plus authentique possible aux alentours de Kalaw. C’est-à-dire le moins de contact possible avec des touristes et un maximum de contacts avec les birmans. On peut dire mission accomplie ! Nous avons fait un trek inoubliable de deux jours. Nous avons marché à travers des forêts de pins, gravi des monts, traversé des vallées et surtout nous avons passé dans des villages des ethnies Danu et Pa-O. Chaque village à son artisan de paniers de bambou. Ces artisans fabriquent en moyenne quatre grands paniers par jour. À partir d’un seul bambou, ils peuvent réaliser jusqu’à six paniers. Ces paniers sont surtout utilisés pour transporter les récoltes.
Dans les champs, les cultivateurs récoltaient les piments rouges (chili) et d’autres semaient de l’ail. Les piments étaient étendus au sol sur des toiles pour être séchés au soleil. Ces tâches rouges étaient magnifiques à voir. Dans les champs nous avons vu aussi le riz de montagne (un riz brun et un peu sucré que les cultivateurs gardent pour leur consommation personnelle) ainsi que des champs de moutarde, de gingembre, de chou, etc.
En alternance, les champs servent à la culture de différents aliments. Par exemple, la rizière où pousse le riz d’eau (riz blanc) sert à cultiver l’ail car tous les deux ont un grand besoin d’eau. Les champs de piments serviront à la culture de riz de montagne ou de gingembre et ainsi de suite.
Dans les villages Danu et Pa-O , les maisons ont deux étages et sont, plus souvent qu’autrement, faites en bambou. Au rez-de-chaussée on y garde les animaux pour la nuit.
Quoi que plus rare, il y a aussi, des maisons en briques. Dans ces maisons le premier étage sert d’entrepôt ; on y entasse sacs de riz, semences, motos, etc. Une annexe en bambou, séparée de la maison, sert d’’étable pour les animaux.
Dans toutes les maisons, il y a une grande pièce commune à l’étage supérieur. On y trouve un autel pour prier Bouddhas sur lequel sont déposées des offrandes (riz, eau, fleurs, bananes, noix de coco, etc.). Ces grandes pièces sont sobrement meublées ; elles n’ont qu’un vaisselier, une petite table basse et des coussins et couvertures. C’est là que les enfants dorment mais elles servent aussi pour accueillir plusieurs invités. Au fond de la pièce se trouve deux petites pièces fermées. Une chambre pour les parents (avec un grand coffre pour ranger les vêtements) et l’autre pièce pour que les enfants ou les invités puissent se changer en toute intimité.
Vous vous demandez où est la cuisine ? C’est simple, c’est une petite annexe en bambou indépendante de la maison.
Lors de notre trek, nous avons eu la chance de dormir dans la maison des parents de notre guide, Sun. Quel accueil ! Une hospitalité chaleureuse et sincère. Sun est le cadet de la famille et le seul des quatre enfants qui a eu le privilège d’aller à l’école. Aujourd’hui, il poursuit des études universitaires. Sa mère est d’une douceur incommensurable mais qui peut avoir aussi une grande autorité…. On s’amusait de voir notre guide presque terrifié à la perspective que sa mère voit sa coupe de cheveux ! Il n’a jamais enlevé sa tuque devant elle. Sun et sa mère nous ont montré les photos de la fête organisée lorsque ce dernier est devenu moine pour la première fois. C’est là que nous avons réalisé que devenir moine n’est pas un engagement à vie et que tout moine peut retourner à la vie civile lorsqu’il le souhaite.
L’ensemencement de l’ail
La première étape consiste à séparer les gousses du bulbe. Les gousses sont ensuite plantées à intervalles régulières dans les champs où avait poussé le riz d’eau. Seul la moitié de la gousse est enterrée. L’autre moitié demeure hors terre et sera recouverte de paille pour les protéger du soleil. Les tiges de la plante de riz servent à couvrir tout le champ ensemencé. Une fois recouvert, le champ est prêt pour être irrigué.