Hanoï


C’est le 10 janvier vers le 23h que nous arrivons à Hanoï. Comme c’est la norme en Asie du Sud-Est le chauffeur de taxi tente de rallonger le trajet.  Il ne comptait pas sur le fait qu’on suivait le tout avec Google Maps… Au final il ne nous aura pas eu ; il n’y a pas petite victoire.

Il n’y a pas à dire, Hanoï est une grande ville à l’activité débordante. Plus que millénaire, elle possède un drôle de mélange de traditions et de modernisme. D’un côté, il y a ces grandes avenues, des édifices modernes et d’un autre côté il y a ici et là des manifestations de traditions bien ancrées qui donnent une touche bien agréable à la ville. Par exemple, il y a ces vendeuses itinérantes qu’on croise régulièrement avec leurs lourds paniers sur les épaules. Elles vendent de tout : fruits, légumes, repas, etc. Sur certains boulevards et parcs on voit nombre de coiffeurs en plein air ou plus étonnant encore ces spécialistes du récurage d’oreille qui exercent sur les trottoirs de la ville !

Pas très loin de notre hôtel, il y a une ligne de chemin de fer d’un autre temps. La voie est bordée de maisons construites à un ou deux mètres de celles-ci. Lorsqu’on l’aperçoit on la trouve presque surréelle.

Le lendemain c’est le déluge, de la pluie 24 heures sur 24, durant trois jours consécutifs !  On a eu un temps exceptionnellement froid (14°) et pluvieux pour la période.  Mais bon, depuis notre départ de Montréal à la fin juillet 2016 on avait eu quelques heures de pluie à St-Pétersbourg et une journée de pluie à Colombo le 6 novembre ! On a été plutôt choyés côté beau temps.

C’est sous la pluie que nous avons visité la prison Hoa Lo, connue aussi sous le nom de « Hanoï Hilton ». Le Hanoi Hilton, est le surnom donné par les prisonniers américains (essentiellement des pilotes) qui y furent emprisonnés durant la guerre du Viêt Nam.

Que dire de ce lieu, sinon que le manque de mise en perspective est caricatural ! La première section de la visite est consacrée à la période sous le régime français. On nous montre les conditions horribles de détention que les français imposaient aux Vietnamiens. Dans la deuxième partie, on nous montre les conditions de détention qu’imposaient les Vietnamiens aux pilotes américains.  À en croire les petits films d’archive présentés, ce n’est pas une prison mais une vraie colonie de vacances ! On voit les prisonniers jouer à divers sports, décorer la prison pour Noël, cuisiner etc. Clairement, à la sortie de la visite on ne peut que conclure que les ex-prisonniers américains ont inventé les tortures et mauvais traitements qu’ils disent avoir subie dans cette prison !

Toujours sous la pluie, nous avons visité le musée consacré à Ho Chi Mihn.  Peu de choses à dire. On le présente à divers moments de sa vie. On souhaitait visiter son mausolée. Après celui de Lénine, pourquoi pas celui de Ho Chi Minh ? Le corps de Ho Chi Minh est embaumé comme celui de Lénine. D’ailleurs sa dépouille est envoyée deux mois par année en Russie pour un « entretien » ! Malgré nos deux tentatives nous nous sommes butés à des portes fermées. Mauricio était déçu, Marie-Josée était déjà prête à passer à autre chose.

Notre prix de consolation aura été le tout petit « Café B52 » que l’on découvre au détour d’un dédale de petites rues exiguës. Ce jour-là nous étions les seuls clients. Une dame nous a reçu avec beaucoup de gentillesse. Malgré la barrière de langue, nous avons eu quelques échanges et surtout avec son petit garçon qui était bien content d’avoir de la compagnie et cherchait notre attention. Le déluge de pluie ne nous a pas empêché de prendre le café sur la terrasse sous l’auvent, avec vue sur le très petit lac Huu Tiep, devenu parc. Depuis la terrasse, on pouvait apercevoir les restes de la carcasse du fameux B52 qui s’est écrasé au milieu de ce lac et qu’on nous a tant de fois montré en chute libre. Et bien, il était là, devant nous, tout triste sous la pluie et grugé par la rouille. Il reste peu de chose de cet avion. L’intérêt du lieu est davantage symbolique et historique. Sans compter que la balade pour nous y rendre, par les petites rues étroites, nous révèle la vie au quotidien d’un autre Hanoï.

Nous avons visité le très beau musée d’ethnologie. C’est de loin le musée que nous avons préféré. On y présente les traditions des différentes ethnies qui peuplent le Viêt Nam. Nous nous sommes attardé d’avantage aux traditions des ethnies Hmong et Tay, en prévision de notre trek à SaPa. Une région située au nord du Vietnam près de la frontière chinoise où vivent plusieurs minorités ethniques.

Nous avons déambulé dans le vieux Hanoï pour admirer les maisons coloniales et flâner dans les rues des 36 corporations ou 36 métiers. Jadis on y trouvaient les artisans regroupés par spécialité.

Aujourd’hui, on voit davantage de commerces et il est difficile de repérer des artisans à l’œuvre. Malgré tout, on arrive à en apercevoir ici et là. Ce quartier est un joyeux méli-mélo, un peu bordélique, mais c’est ce qui Fait son charme.

Hanoï regorge de nombreux temples. L’architecture de ceux-ci ont une forte influence chinoise. Ce qui impressionne le plus ce sont tous ces serpentins d’encen suspendu au plafond des temples. Se rituel est très répandu à l’approche du nouvel an lunaire, période où nous étions présents. Les gens accrochent une prière au serpentin avant de le suspendre. Il brûlera plusieurs jours. C’est pour attirer l’attention du dieu ou de l’esprit sollicite par la prière.

pagode Môt Côt ou pagode au pilier unique
pagode Môt Côt ou pagode au pilier unique