Désert du Thar, Rajasthan

Nous voilà dans le désert du Thar dans le Rajasthan, au nord-ouest de Jaisalmer. Plus précisément dans les dunes de SAM, à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec le Pakistan. Nous sommes en Camel Safari (dans les faits se sont des dromadaires) et nous dormons à la belle étoile.

Seria, 25 ans, (Jacky pour les touristes), est notre guide, cuisinier et « chamelier » tout à la fois. Il est célibataire car il n’a pas l’argent pour payer la dote à la famille de la future épouse. Épouse, qui le moment venu sera choisie par sa famille.

Seria nous raconte que son patron ne lui verse pas la totalité de son salaire depuis quelque temps. Il économise pour acheter son propre dromadaire et ainsi travailler à son compte. Un dromadaire coûte entre 20 000 et 25 000 roupies (400$ à 500$ CAN). Il est fier de nous dire qu’il a économisé 10 000 roupies et qu’il espère acheter son dromadaire dans l’année. Après quoi…. vous voyez venir la suite, il épargnera pour réunir la somme nécessaire au paiement de la dote et finalement se marier!

Ces safaris se réservent à Jaisalmer. Tous les hôtels et guest houses de la ville en proposent. Il y a des parcours plus traditionnels avec des arrêts bien définis. Une partie des arrêts se fait en 4 X 4. Pour notre part, nous avons demandé un safari le plus authentique possible avec un chameau par personne et surtout, un parcours où on ne verrait pas d’autres touristes.

Il y a une telle offre pour ces safaris qu’il n’est pas nécessaire de réserver à l’avance. Le nôtre, nous l’avons réservé la veille à notre guest house (Dylan Cafe Guest House). Le lendemain nous sommes partis à 7h30 du matin en 4 X4. Après une heure de route nous avons rejoint Seria qui nous attendait sur le bord de la route avec les dromadaires.

Après une première heure de dromadaire nous nous sommes arrêtés pour déjeuner (le petit) et prendre le premier « chai » de la journée (thé indien avec lait sucré et gingembre).

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Nous avons ensuite repris la route pour arriver, un peu passé midi, au village Seria.

Que vous dire de ce village sinon qu’il y a beaucoup vie. Les enfants sont les premiers à venir nous voir. Ils sont bientôt suivis par les hommes du village qui viennent nous saluer. Nous passerons quatre heures à vivre au rythme du village. D’abord un petit chai en guise de bienvenue. Par la suite on joue avec les enfants : dessins sur le sable, séance de selfie, etc. Puis ensuite rien! On laisse simplement le temps passer. C’est une activité populaire dans le désert. Plus tard un masala nous est servi. Plusieurs hommes, dont le père de Seria, s’installent à nos côtés. Ils parlent peu et connaissent que quelques mots d’anglais mais ils sont là et mangent avec nous. Une fois le repas terminé, on nous suggère une petite sieste; on ne refuse pas ! Dès que la grande chaleur est passée, nous avons poursuivi notre chemin. Cet arrêt au village a été un moment privilégié que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

Après une heure à dos de dromadaire, on s’arrête près d’une grande dune. Seria nous invite à nous y promener pendant qu’il nous prépare … un autre chai évidemment ! Vers 20 heures, le temps était venu de dormir à la belle étoile sur deux minces matelas, orientés de façon à voir le lever du soleil au petit matin. La lune est presque pleine. Elle nous éclaire au point de ne pas avoir besoin de lampes frontales. On entend quelques bruits d’animaux mais on n’en voit aucun. La température baisse rapidement. Le moment de dormir était arrivé. La soirée est magnifique et paisible, un moment de bonheur.

Comme promis, le lever du soleil a été magnifique. Seria nous a préparé des oeufs, des toasts et bien entendu un chai. Après avoir levé le camp, nous partons vers le point de rencontre prévu avec le chauffeur qui nous ramènera à Jaisalmer. Cette fois on fait une bonne partie du trajet au galop (Ouch ! l’entre jambe). En chemin on a vu des gazelles et un aigle au repos. On ne peut pas vous dire le kilométrage parcouru, la réponse de Seria à cette question a été « dans le désert les kilomètres n’existent pas, les chameaux zigzaguent ».

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