C’est un merveilleux pays pour la beauté des paysages et des gens. Un coup de cœur pour Marie-Josée. Son authenticité et sa diversité sont sans égale. Ses habitants sont extrêmement accueillants ; malgré la barrière linguistique on se sent les bienvenus. Leurs sourires, les petites attentions, la possibilité de se balader sans qu’on nous prenne pour un porte-monnaie ambulant, nous ont fait aimer ce pays.
Malheureusement, le Myanmar c’est aussi un pays pauvre. Les maisons faites en treillis de bambous mal ajustées, les gens qui se lavent à la rivière dans une eau douteuse selon nos normes, ou encore à des points d’eau dans les grandes villes. Tout cela rappel leur faible niveau de vie (148e sur 188 au classement mondial de pauvreté).
Notre guide du trek à Kalaw nous disait que la quasi-totalité des habitants de son village n’ont jamais vu un ordinateur de leur vie. Plus tristes à voir se sont les nombreux enfants mineurs qui travaillent dans les commerces et les restaurants. Faute de moyens seulement 28% des enfants terminent l’école primaire.
Les familles doivent souvent choisir lequel des enfants ira à l’école car ils peuvent payer les cahiers que pour un seul enfant. Heureusement, le gouvernement d’Aung San Suu Kyi vient d’instaurer la gratuité scolaire… au primaire. On est loin des débats sur la gratuité universitaire…

Les infrastructures (routes, chemin de fer, réseau électrique, etc.) sont minimalistes. Dès le deuxième jour nous avons eu droit aux pannes d’électricité. D’ailleurs, après coup, nous nous sommes trouvés un « peu » inconscients… On venait de prendre l’ascenseur après, pas une, ni deux mais bien trois pannes d’électricité en moins d’une heure !
Les birmans croient en l’astrologie au point d’avoir déplacer la capitale du pays dans un endroit plus favorable selon les astres ! Cela étant, le commun des birmans rigole de ce changement (l’un des derniers du régime militaire) et parlent de la capitale fantôme… Il faut dire que les ambassades étrangères n’ont pas déménagé et elles sont toujours à Yangon.
Parlant de Yangon, dans le centre historique il y a beaucoup de maisons dont la partie avant sert de commerce le jour. Le soir venu, cet espace est souvent récupéré par la famille : on y mange, on écoute la télé et parfois on y dort. Autre observation intrigante, sont ces cordes qui pendent depuis les étages supérieurs. On a d’abord pensé qu’elles servaient à monter des petits paquets, mais non, ce sont les sonnettes des appartements. Pour les différentier on y accroche pinces, bouteilles, nœuds, etc.
Nous avons été conquis par la façon dont les Birmans vivent la religion. En particulier dans les grandes pagodes. Bien entendu, ils viennent prier et faire des offrandes aux nats ou à Bouddhas mais ce qui nous a plu c’est de voir des familles entières arriver à la pagode avec tout le nécessaire pour faire un vrai pique-nique : gamelles, jus, tapis, etc. On y discute, les enfants jouent, les amoureux s’y rencontre (mais respectueux des lieux). À la pagode Shwedagon de Yangon, on a vu plusieurs personnes faire la sieste après leur repas ! Quelle bonne idée, on avait le goût de les imiter !
Le Myanmar est un pays encore épargné par les McDo et Starbuck de ce monde. Mais l’inévitable mondialisation n’est pas loin. On l’entrevoit à la vue des concessionnaires de voitures étrangères qui s’installent ici et là. On le voit aussi dans la tenue des jeunes birmans. Ils commencent à délaisser le longyi traditionnel pour le tailleur ou le jeans. (Le longyi est une jupe croisée pour les femmes, aussi appelée sarong lorsque portée par les hommes)
Les nombreux birmans que nous avons rencontré fondent beaucoup d’espoir dans les réformes du gouvernement d’Aung San Suu Kyi. Ils sont confiants dans l’avenir mais aussi réalistes. Tous nous disent constater une amélioration depuis son élection mais ajoutent du même souffle que tous ces changements prendront beaucoup de temps.
